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Héméra, reine des cieux

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Mer 20 Juin - 9:31

Héméra Leonis

Craignez, craignez... Craignez moi.

Age : 24 ans
Sexe : Féminin
Orientation sexuelle : Bisexuelle
Race : Griffon (Aigle et lion)
Métier : Matriarche de l'escadron Céleste
Signes distinctifs
- Contrairement à ses sœurs, Hemera a deux bandes noirs sur le poignet gauche. Son bras est souvent lacéré à cet endroit.
- Ses cheveux ne sont pas à proprement des cheveux mais plus les poils d'une longue fourrure, la même qui recouvre d'ailleurs ses oreilles de lions.
- Elle a de très grandes pattes, finissant par des serres, donnant l'impression que ses genoux sont à l’envers.
- Elle porte généralement un écusson sur ses vêtements, taillé dans un cristal bleu, dans lequel une aile est gravée. Symbole de l'escadron.

Santé générale
Héméra est en très bonne santé, santé qu'elle préserve avec une alimentation saine - mais exclusivement carnivore, - ainsi que beaucoup de sport, notamment la chasse... Robuste et entraînée, elle a le niveau d'une athlète de haut niveau, jouant surtout sur une grande agilité et dans la force impressionnante de ses serres. Si son corps est couvert de marques et restes de blessures passées, elle ne semble pas s'en soucier.
En revanche, possédant des serres, elle est certes capable de courir, mais cela est tout au plus grotesque, en plus d'être une dépense d'énergie inutile, vu le résultat médiocre qu'elle en tire. Si dans les cieux, elle est rapide et impérieuse, une fois sur terre, elle est une piètre coureuse, pouvant même tomber assez facilement.
Ses ailes sont immenses pour lui permettre de porter son corps (sept mètre d'envergure). Si elles sont puissantes et robustes, elles restent en revanche fragile face aux flèches et aux foulures. Elles peuvent aussi être brisé comme n'importe quel membre, cependant, si elles venaient à mal cicatriser, la griffonne ne pourrait plus voler. Bien que l'escadrons réfléchissent à un moyen de caparaçonner leurs ailes, ils n'ont pour l'instant pas trouvé de moyen de protéger leurs ailes tout en volant.

Pour ce qui est de sa santé mentale, Héméra est quelque peu esquintée. Ayant vécu une captivité éprouvante et difficile chez les hommes, elle reste, aujourd'hui encore, traumatisée par son endoctrinement et son conditionnement, et refusant d'en parler, elle semble avoir développé un certain masochisme, la poussant plus ou moins à l'autodestruction. Se sentant coupable, elle pense qu'elle mérite d'aller mal, et n'accepte donc pas de parler de ce qui la ronge...
Si elle est de nouveau capable de s'en prendre aux hommes, elle sait qu'elle ne pourrait pas toucher à son ancien maître, son conditionnement ayant été fait pour qu'elle ne puisse en aucun cas s'en prendre à son propriétaire, car une arme n'a pas à se retourner contre la main qui la brandit...

Physique
Elle est immense, plus encore que vous ne l'imaginiez, tandis qu'il vous faut lever la tête pour croiser son regard. Elle, reste impassible, vous jaugeant. Perchée sur ses énormes serres donnant une forme animale à ses jambes, sa carrure n'est aucunement confondable avec celle d'un frêle et fragile humain comme vous.
Elle le sait, et elle en est fière, cela ne fait aucun doute...

Elle est le mélange étrange d'un lion et aigle, deux races royales, dont elle a tiré l’orgueil et la stature. Impérieuse, c'est la tête droite qu'elle avance, tandis que ses pattes lourdes lui donnent une démarche abrupte, agressive, presque... Prédatrice. Son immense queue de lions fouette l'air, semblant impatiente. Si elle était votre alliée, au mieux elle vous intimiderait peut-être, mais en tant qu'ennemie, c'est une peur panique qu'elle vous inspire. Quoi de plus normal, face à un prédateur ?
Vous le savez, elle est là pour vous tuer. Ses serres vous déchiquetteront au moment même où elles se refermeront sur votre corps, à moins qu'elle ne veuille le faire avec ses griffes, que vous remarquez dépasser des plumes blanches de ses avants bras. Si vous prenez le temps de l'observer, cependant, vous remarquerez que son bras gauche semble lacérés de toutes part. Si certaine de ses cicatrices semblent récentes, d'autres sont souvent encore fraîches et rosâtre...
Il n'y a ni pitié, ni compassion à lire dans ses yeux, car elle connaît le sort que réserve votre monde au sien...  

Dans un élan fou, sûrement dicté par le désespoir, vous vous mettez à courir en la contournant, certain de pouvoir la distancer. Vous avez raison, ses serres la rendent lourde et incapable de courir comme un humain, aussi ne fait-elle même l'effort d'essayer de vous rattraper, du moins c'est que ce vous pensez, juste avant qu'un vacarme puissance se fasse entendre dans votre dos...
Quand vous osez lancer un regard en arrière, vous remarquez qu'il ne reste plus que quelques plumes à l'endroit où elle se trouvait alors. Pendant un bref instant, le soulagement vous gagne, juste qu'une ombre vienne vous cacher le ciel. Vous levez les yeux, mais il est trop tard, voilà qu'elle fond sur vous, pareille à un aigle chassant un pauvre lapin.
Comment avez-vous pu un seul instant oublier que la menace viendrait du ciel?

L'horreur de la situation est telle, que c'est presque au ralenti que vous la regardez tomber sur vous, comme si les quelques secondes vous séparant de la mort se suspendaient pour vous laisser contempler la scène, pour vous laisser contempler votre meurtrière. Il y a quelque chose de sublime dans l'horreur qu'elle vous inspire, dans la beauté sauvage qui se dégage ses ailes déployées, semblant immense par rapport à vous. Elles le sont à vrai dire, sans quoi l'hybride ne pourrait pas voler, encore moins une proie dans les pattes.
Vous croisez une nouvelle fois son regard, ce regard fauve qui ne vous quitte pas, et de nouveau, il vous surprend par l'absence de haine ou de satisfaction. Elle va vous tuer, sans hésitation, sans regret, mais elle n'en tirer rien de personnel. Il y a  quelque chose dans son regard que vous n'aurez jamais imaginé voir chez un hybride...

Une douleur insoutenable traverse votre corps, allant de votre épaule à vos cotes, où ses serres se referment, avant de vous faire lourdement tomber au sol pour mieux raffermir sa prise impitoyable. Elle vient probablement de vous percer un poumon, vu le sang qui envahi désormais votre bouche. Vous essayez tant bien que mal de vous en défaire, mais c'est à peine si vous pouvez respirer tant la pression est énorme. Vos gestes maladroits ne réussissent qu'a brunirent de votre sang le pelage fauve recouvrant le haut de ses serres, tandis qu'elle vous ignore sans difficulté. Sa prise est parfaite, calculée, elle ne vous offre pas la chance de vous en défaire.

Avant même que vous ne puissiez le réaliser, elle s'envole, vous emportant dans les airs. La sensation de vertige est prenante, mais la douleur ne vous permet pas de vous attarder dessus. Vous essayez de vous débattre, mais vos gestes manquent de coordination. Vous essayez de hurler, mais tout ce qui sort de votre bouche est un gargouillis noyé et quelques bulles de sang. La peur vous étouffe, tandis que votre cœur semble sur le point d'exploser. Vous ne voulez pas mourir, vous ne méritez pas de mourir ! Vous levez un regard suppliant vers votre bourreau, mais ses yeux restent fixés sur les nuages vers lesquels elle monte en flèche, semblant bien décidée à les dépasser.
Pendant un instant, vous ne la voyez plus, votre vue entravée par les nuages qui vous entourent, mais quand enfin, ils se dissipent, vous remarquez que ses yeux son de nouveau fixés sur vous. Quelque chose parvient à vos oreilles rendues sourde par le vent, et il vous faut quelques instant pour comprendre que c'est sa voix. Elle vous parvient à travers la bourrasque qui fait voler sa longue chevelure blanche dans tous les sens, renforçant cette sauvagerie royale qui la couronne.
Elle a une voix forte, sereine, grave. Une voix capable de dompter les vents.

« Regarde humain, voilà mon unique présent. »

Dit-elle avant de tourner la tête vers le soleil qui vous fait face. Troublé, c'est presque malgré vous que vous suivez son regard, et le spectacle qui s'offre à vous vous fait oublier l'espace d'un instant la douleur qui vous assassine.
Un royaume de nuage, voluptueux et insaisissable, où le soleil laisse ses rayons d'or et d'ambre tapisser le ciel de couleur chatoyantes et sublimes. Vous êtes seuls, ici, perdu dans le ciel infinis.
Enfant, vous vous étiez parfois demandé pourquoi les hommes avaient tant voulu conquérir les cieux autrefois, et aujourd'hui vous comprenez, tandis que cette même envie enserre votre cœur mourant. Votre regard se tourne vers votre bourreau, vers la reine de ces lieux, que le soleil habit d'un flamboyant doré. Pendant un instant, le tableau vous subjugue, et l'instant suivant, vous sentez la prise de ses serres se défaire doucement, laissant un vertige sans nom vous engloutir tandis que vous traversez les nuages à toute vitesse. Fermant les yeux, c'est avec plaisir que vous laissez les ténèbres vous emporter...

***
**
*

Sophitia est la première à arriver sur les lieux. Des treize sœurs de l'escadron, elle a toujours été la plus rapide. Le fait qu'elle n'ait hérité que de la nature oiseau de leur mère, sans devoir s'alourdir du pelage de leur père, y est probablement pour quelque chose... Si autrefois elle enviait les force, avec l'âge, l'aigle appris à se satisfaire de sa vitesse.
Héméra est debout face à ce qui, d'ici, ne ressemble guère qu'à une bouillie rosâtre rependue dans l'herbe. Avançant sur la pointe de ses serres, elle penche le buste sur le côté pour voir ce qui se cache derrière sa sœur.

«  Encore un ? Ils se rapprochent de plus en plus... Commence Sophitia, se penchant pour ce qui avait du être un homme, avant.
- Hybii n'est plus en sécurité. Réponds, abrupte, Héméra, faisant lever les yeux au ciel à sa sœur. Toujours à dramatiser, celle-là...
- Allons, tu exagères. Entre les trappeurs et les gardiens, il y a de quoi veiller sur le village, tu ne crois pas ? Haussant des épaules, l'hybride aigle continue. Puis au pire, l'escadron est là pour ça, non ? »

Héméra reste silencieuse, regardant seulement son œuvre, pensante. Elle sait de quoi les humains sont capables. Elle connaît leur force, mais surtout, elle connaît les faiblesses des siens. Les hybrides sont plus forts que les humains, c'est vrai, mais face à une armée, que pourraient-ils faire ? Pour le moment, il leur faut vivre caché. Pour le moment, il leur faut fuir. Pour le moment, il leur faut attendre...
Après une hésitation, Héméra acquiesce les dires de sa sœur avec prudence. Elle ne semble pas convaincue, certes, mais ne semble pas non plus vouloir continuer le débat pour le moment.

« Il faut renforcer les tours de garde, commence la griffonne, que Ophea et toi travailliez ensemble sur de nouvelles de ronde. Ils s'enfoncent de plus en plus loin sur notre territoire, nous devons être prêtes à les repousser.
- C'est entendu, répond sa sœur en haussant avec nonchalance des épaules, comme si tout cela lui était parfaitement égale. Doit-on prévenir Hybii ?
- Non, ne les inquiétons pas pour le moment, l'escadron peut s'en charger lui-même... Toujours aussi secrète, Sophitia aurait du s'y attendre.
- Eh bien, espérons que tu aies raison, il serait dommage que quelqu'un d'autre vienne à vivre ta petite aventure, n'est-ce pas ? » Termina Sophitia en s'envolant en direction du village. La pique est à peine cachée, mais Héméra laisse couler, sachant la remarque méritée. Silencieuse, elle se contente de lever le bras, regardant sa patte, ou plus précisément son poignet...

Sophitia ne lui pardonnera jamais, et à vrai dire, Héméra non plus ne se pardonnera jamais... Et de toute façon, même si elle le voulait, les deux bandes noires, cerclant son poignet d'une chaîne invisible et indélébile, seraient toujours là pour lui rappeler ses erreurs qui n'auront jamais de cesse de la hanter et de lui peser...


Caractère
Il n'y avait qu'ici, perdu dans l'étendue infinie de la voûte céleste, qu'elle se sentait libre. Ici, se trouvait son royaume, fait de nuages et de lumière, que le vent malmenait au grès de ses envies. Bien au-dessus des tempêtes et des terres de ce monde, Héméra volait, paisible, apaisée et sereine. Le ciel était sa paix, son havre, le seul lieu ou elle se sentait entièrement en sécurité, perdue bien au-dessus des nuages.

De toutes ses sœurs, elle avait toujours été celle qui osait voler le plus haut, monter le plus loin, là où ses autres sœurs craignaient que le vent les gèle, ou que le soleil les brûles. Héméra, elle, ne ressentait pas cette peur, au contraire, plus elle se rapprochait de la voûte du monde, plus elle se sentait en paix, loin du monde des hommes, de folie, et leur violence. Aurait-elle pu, qu'elle aurait probablement volé jusqu'au soleil pour ne plus jamais fouler de ses serres le monde des hommes. Sur terre, ils avaient tout pouvoir, mais ici, ils n'existaient pas.
Pas encore, du moins.

« Héméraaaa ! »

La voix faible mais insistante d'Ophea fit soupirer la griffonne, que la réalité n'oubliait jamais de rattraper. Baissant les yeux à la recherche de sa silhouette, Héméra n'eut aucun mal à trouver sa sœur, qui par son pelage et ses plumes fauves, dénotait totalement dans ce royaume de blanc et d'azur. Avec aisance, ses ailes la firent tournoyer jusqu'à retourner à hauteur de sa sœur, bien des mètres plus bas. Orphea était un exemple de prudence. Là où Héméra osait suivre même les bourrasques les plus violentes, sa sœur au contraire savait toujours quel vent suivre pour s'assurer un vole paisible et constant. Qu'importe où elle se trouvait, Orphéa semblait toujours parfaitement maîtresse de la situation. Parfois, Héméra se surprenait à lui envier ce calme et cette confiance paisible qui faisait d'elle un des piliers principaux de leur famille...

« Voilà des heures que je te cherche. Nous avons repéré des hommes sur le continent, Père souhaite que nous agissions au plus vite. Nous sommes toutes conviées. » Toute ? Voilà bien longtemps que les seize sœurs n'avaient pas été réunies, voilà qui promettait une assemblée pour le moins... Bavardes. À cette simple idée, Héméra en eu déjà le tournis. Sans être silencieuse, la griffonne avait tout de même u goût prononcé pour le silence et la solitude. Passant le plus clair de son temps à explorer le ciel, elle n'était pas la plus sociale des filles Leonis. Ce n'est pas qu'elle n'aimait pas la compagnie des autres à proprement parlé, mais depuis son retour, elle restait profondément marquée par son séjour chez les hommes... Si ses blessures physiques étaient depuis résorbées, celles de son âme saignaient encore abondamment, la rendant farouche, sauvage, comme n'importe quel animal blessé.

« Si père nous demande, c'est que cela est forcément urgent. Je viendrai. Avait-elle vraiment le choix ? Quand est-ce qu'aura lieu la réunion ?

- Au premier quart du crépuscule.

- Fort bien... »

Lui adressant un timide sourire, Orphea ne tarda pas plus longtemps, redescendant sur la terre ferme, laissant de nouveau sa sœur à son empire de solitude.
Ses sœurs essayaient tant bien que mal de faire comme si rien ne s'était passé, comme si elles n'avaient pas été séparées pendant six ans, mais le charme ne prenait pas, et leurs échanges avaient plus l'air de scène dont les répliques manquaient de naturel, que de complices discussions entre sœurs. Héméra mettait une partie de ses sœurs mal à l'aise, tandis que l'autre partie ne pouvait tout simplement pas lui pardonner, ce que Héméra comprenait parfaitement : elle non plus, n'arrivait pas à se pardonner...

Pourtant, certaines, comme Orphea, avaient sincèrement essayé de l'aider, de la soutenir, mais une à une, par son silence et son isolement, Héméra les avait toutes rejetées, finissant par laisser supposer qu'elle ne voulait pas être aidé. Au fond, n'était-ce pas le cas ? Si une part d'elle avait envie d'oublier, de tourner la page, une autre part d'elle refusait de se soigner, comme si elle n'en avait pas le droit, comme si souffrir était le seul moyen pour elle d'exister. Au fond, elle voulait continuer à souffrir, pour expirer ses fautes. Pour expirer ses crimes, ceux même que ses sœurs ne lui pardonnaient pas, qu'elle entendait dans leurs lourds silences, et qu'elle voyait dans leurs regards fuyants.
Elle était coupable, aujourd'hui, et à jamais. Désormais, il lui fallait apprendre à vivre avec cela.

Histoire
« Leurs mouvements sont inquiétants. Je pensais qu'ils nous ficheraient la paix. Commença Marida, l'air renfrognée, comme à son habitude.

- Jamais. Encore moins depuis que nous contrôlons une partie des mines des cristaux. Selena avait raison, mais ce n'était pas la seule raison de leurs mouvements, Héméra en était sûre...

- Ils ont les leurs, qu'ils nous laissent les nôtres ! S'agaça alors Sophitia, gonflant les plumes de son cou pour marquer sa contrariété.

- Tu oublies que tout est leur, selon eux, ma fille.

- Père. »Annonça Orphea avec un léger signe de tête en guise de respect, quand l'imposant hybride lion entra dans la pièce, avant d’être imitée par toutes ses sœurs... Enfin, presque toute, les plus rebelles se contentant d'un bref bougonnement. Héméra, elle, était trop occupée à lire la carte pour se soucier des politesses, ses yeux ne quittant pas la carte de peau étalée sur la table.
C'est leur père qui leur avait appris l’écriture rudimentaire, tandis que leur mère leur avait enseigné la cartographie dans les bases. Le reste, elles l'avaient appris à force, et si leur écriture avait au début beaucoup pris des humains, désormais, elle était propre aux Hybrides. Pour ce qui était de la stratégie, en revanche, Héméra l'avait apprise chez les hommes, à leur insu...
Comme souvent, chez les hybrides, une grande partie de leur apprentissage se révélait être autodidacte, tandis qu'ils apprenaient en secret, glanant le savoir des humains comme des miettes que, trop imprudents et sûr d'eux qu'ils étaient, ils oubliaient de mettre hors de leur porté, certain qu'ils ne sauraient rien en faire, en animaux idiots qu'ils étaient. Héméra avait beaucoup appris, ainsi. Pas au début, bien sûr, mais une fois que sa docilité avait été acquise, une fois le conditionnement parfait, son maître c'était montré négligeant, péchant par orgueil. Héméra avait alors appris, pendant des années, noyant sa colère et sa peur dans le savoir.
Avec le savoir combiné de son père et de ses sœurs, ils mirent au point une tactique militaires adaptée à leurs capacités à couvrir aussi bien le ciel que la terre, donnant à leur milice le petit plus nécessaire pour transformer ce rassemblement en véritables escadrons, capable d'agir vite, bien et efficacement. S'il leur manquait de quoi couvrir les mers, le ciel et la terre n'avaient plus de secret pour eux.

Leonis, l'air toujours aussi dur, pris place à la table, incitant ses filles à faire de même, ce qu'elles firent dans un brouhaha de plumes et de grognement, mélange étrange de civisme et de bestialité. La table était immense, pour permettre à sa vingtaine d'enfants d'y siéger de chaque coté, et seul restait vide le siège en face de lui. À sa droite, s’essaya Marida, cheffe de l'escadron Terrestre, tandis qu'Héméra pris le siège à sa gauche. Si elle n'était pas officiellement la dirigeante de l'escadron, ce droit revenant à son aînée griffonne et sœur Orphea, cette place lui était systématiquement réservée, ce qui en disait long sur la véritable hiérarchie de l'escadron Céleste...

Tournant la tête vers les bords de la pièce, Héméra fut surprise de ne voir aucune recrue. Il n'était pas rare qu'un ou deux des apprentis réussissent à négocier pour venir écouter les réunions, curieux de voir comment se prenaient les décisions des escadrons. Cependant, aujourd'hui, il n'y avait personne, pas même Moony. Et pourtant que le chêne lui en soit témoin, la petite Caméléon ne ratait jamais une seule réunion, étant même plus studieuse que certaines filles du lion. Si même elle n'était pas là, cela voulait dire que leur père avait interdit la présence des jeunes. Héméra n'avait plus aucun doute, la situation était plus grave que ne le pensaient ses sœurs.

« Bien, commençons... » Fit le patriarche lion, écoutant un à un les rapports de ses fidèles enfants qui, une à une, lui fit part des positions humaines et de leur avancée. Globalement, les choses ne changeaient pas, chacun jaugeant l'ennemi. Ils arrivaient encore à faire des rapts d'Hybrides solitaire, mais Hybii restait plus ou moins en sécurité. Rosan et Leandra avaient guidé deux nouveaux hybrides jusqu'au village, tandis que Melancholia avait tué un trappeur, l’empêchant de capturer une petite fille-chat s'étant perdue loin en suivant un écureuil.
S'il y a quelques instants encore, l'ambiance avait été particulièrement bonne enfant et légèrement oisive, elle avait changé du tout au tout à l'arrivée du patriarche, chacune des chasseuses redevenant alors professionnelle et disciplinée. Chacune d'entre elles, et Héméra n'y faisait pas exception, avait été élevée en parfaite petite soldate, ayant commencé leurs formations avant même de sortir de l'enfance. Leurs parents les avaient toutes aimées, certes, mais ils avaient été plus préoccupés par le fait de leur permettre d'être libres plutôt que de les couvrir de câlin.
Savoir se battre et se défendre est bien plus vital que l'amour, quand le monde tout entier est ton ennemi...

Ayant hérité des gènes du lion pour leur père et de l'aigle pour leur mère, il n'était pas difficile de deviner que les parents d'Héméra n'avaient pas été élevé comme des hybrides de compagnie. C'est pour leur nature prédatrice qu'on les avait entraînés et n'ayant jamais reçu une autre éducation, ils n'avaient eux que cela à offrir à leurs enfants, peut-être avec moins de violence, mais tout autant de fermeté et de rigueur. Ils les avaient voulu fortes, débrouillardes, et indépendantes. Si les filles Leonis avaient manqué d'affection, et que leur relation avec leur père tenait plus de celui d'un soldat avec son général, Héméra ne s'en plaignait pas. Elle était libre et elle était capable d'agir pour le rester, cela lui suffisait.
Enfant, elle aurait aimé plus d'attention, c'est vrai, mais elle ne pouvait en vouloir à ses parents pour cela : ils avaient eux de nombreuses portées, bien trop pour avoir le temps de les couvrir d'amour tout en leur apprenant à survivre dans un monde n'étant pas le leur. Ils avaient dû faire un choix, transformant petit à petit cette petite famille en commando bien entraîné.

Heureusement, les filles Leonis avaient appris à compenser l'absence de parents par la surabondance de leur fratrie, chaque portée devenant alors presque inséparables de ses sœurs de portée:
Marida, Orphea et Selena, les premières-nées, étaient proprement inséparables, au point que leurs cadettes leurs surnommées en riant la ''trinité''. Selena avait d'ailleurs deux enfants, qui avaient eux aussi rejoins l’escadron Céleste en tant que recrue : si Mako se montrait désireuse d'en découdre, Lann, volait encore trop maladroitement pour espérer être une quelconque menace...
Venaient ensuite Rosan, Manaa, Melancholia et Dryanna, aussi différentes les unes des autres que complémentaires. Elles avaient toujours été les plus turbulentes et les plus passionnées des sœurs Leonis. Melancholia, terrible et vengeresse, était souvent rappelé à l'ordre par leur père. Rosan, au contraire, ne posait jamais aucun souci, ayant pris Marida pour modèle et la suivant partout, tandis que Manaa avait à cœur l’entraînement de la nouvelle génération qui rejoignait doucement, mais sûrement les escadrons, ayant même commencé à entraîner son fils. Dryanna, contrairement à ses sœurs, avait autant à cœur de protéger sa famille que Hybii, étant même gardienne occasionnelle au besoin.
Helia, Sora et Yulia avaient toujours été les moins investies dans les escadrons, au point que leur père avait du imposer son autorité à Yulia pour que ses jeunes enfants suivent eux aussi l'apprentissage des recrues. Héméra faisait partie de la même portée qu'elles, et à vrai dire, pendant très longtemps, elle avait partagé la même aversion que ses sœurs pour la guerre. Mais depuis son retour au sein de la harde, le griffon s'était éloigné de sa couvée...
Hélia était la plus téméraire des lionnes de l'escadron terrestre. Il n'était pas rare que Marida lui court après pour l’empêcher de se jeter tout droit dans la bouche des hommes. Pour la protéger d'elle-même, Marida et Héméra avaient finalement décidé de la mettre en équipe avec sa sœur, Sora, sa sœur de couvée, membre des célestes. Timide et hésitante, elle était l'eau qui réussissait à éteindre le feu brûlant d'Hélia.
Venaient ensuite Surana et Leandra, les jumelles, aussi inséparables que les doigts de la main. La première étant aussi turbulente que la deuxième était renfermée.
Pour finir, restaient les plus jeunes et dernières des filles Leonis, Anatha, Sophitia et Jasma, qui se partageaient entre volontés de bien faire et nonchalance rebelle. Sophitia, plus que toutes les autres, semblait bien décidée à remettre toutes les décisions de ses aînées en cause, se battant bec et griffe pour faire entendre son avis, au grand damne d'Héméra. Si le griffon se revoyait beaucoup en elle, comprenant ses colères et ses luttes, elle n'avait hélas plus la patience de laisser passer ses rebellions, la matant souvent avec plus de dureté qu'elle l'aurait voulu, et ne faisant qu'aggraver la mésentente entre les deux. Si elle aimait sa sœur, Héméra n'arrivait désormais plus à lui dire, se contentant de la punir plus que de raison, à défaut de pouvoir la serrer dans ses bras.

« Nous devrions les attaquer maintenant, nous pouvons mettre fin à leur règne ! Commença Marida, son envie de guerroyer à peine cachée.

- Folie, balaya Héméra d'un geste de la main, ils sont des milliers. Nous ne sommes qu'une vingtaine. L'heure n'est pas encore venue. Si nous y allons maintenant, nous mourrons, et trente ans d'attente seront réduits à néant.

- L'heure ne viendra jamais ! Il faut attaquer avant qu'ils ne le fassent ! »Rajoutant Marida, tapant rageusement du poing sur la table.

Héméra soupira, ne trouvant pas utile de répondre plus que nécessaire à sa sœur lionne. Contrairement à Marida, Héméra ne sous-estimait pas ses ennemis. Si son aînée était désormais certaine de sa supériorité sur les humains, la griffonne restait prudent, sachant que la force des humains n'était pas dans leurs gènes, mais dans leur nombre, leur adaptabilité, et leur capacité à retourner les situations à leur avantage.
Ils avaient été les maîtres de ce monde bien trop longtemps. Il fallait être fou pour imaginer pouvoir changer la donne en un claquement de doigt...

« Nous n'avons qu'à les tuer tous, ainsi, nous prouverons une bonne fois pour toute notre supériorité raciale ! Rugit Rosan, son poing se fermant sous ses paroles guerrières, tandis que ses canines luisantes de baves dépassaient de son sourire carnassier. C'était une lionne, on ne pouvait pas lui en vouloir d'être aussi offensive : elle voulait plus que tout protéger les siens. Héméra aussi le voulait, cependant, contrairement à ses sœurs de l'escadron Terrestre, le griffon savait de quoi était capable l'humanité...

- Si nous attaquons de front, cela sera rapide, nous serons vaincues à l'instant même où ils comprendront ce qui se passe. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un seul membre, et ils le savent. S'ils en capture une, ils s'en serviront comme appât pour nous faire sortir, ou comme otage pour qu'on se rende. Nous devons être plus rusées qu'eux et agir un pas après l'autre. Occupons nous déjà de ceux sur nos terres, nous verrons plus tard, pour l'humanité... Attrapant le petit pion de bois peint de vert, elle le posa près des petits pions noir. L'escadron céleste attaquera en premier. Ils ne s'attendent jamais à ce que la menace vienne du ciel.

- Tout pour vous, comme toujours ! L'escadron Terrestre ne restera pas en retrait ! Gronda la lionne.

- Ce n'était pas mon attention, attrapant le pion rouge, Héméra le plaça de l'autre coté. Vous leur couperez toute retraite. Il ne faut laisser aucun témoin.

Sautillant sur place à cette idée, Soran vint de placer à coté de Marida, regardant avec intérêt la carte.

- J'adore, en plus, c'est notre spécialité ! Ronronna la seconde. Une fois fait qu'est-ce qu'on fait d'eux? Hybii aimerait sûrement avoir de la chair fraîche ?

Par "chair fraîche", elle voulait surement dire "esclaves". Héméra grimaça. Elle n'aimait pas l'idée d'asservir l'humanité. Il n'était pas là question d'une quelconque compassion envers cette race infâme, mais plutôt un dégoût profond pour elle. Qui voudrait d'une vermine pareille à ses cotés ? Si les hybrides leur étaient supérieurs, alors ils ne devaient pas refaire la même erreur qu'eux. Vivant, un humain restait une menace, plus encore entouré d'hybrides fragilisés par une vie d'esclavage et de sévices, qui pouvaient sans s'en rendre compte retomber entre leurs mains avides...

- Pas de survivants, pas de prisonniers. Ne reproduisons pas leurs erreurs... »

Il n'y aura jamais d'entente Humaine Hybride, Héméra en était certaine, car ce monde leur appartenait, et ils refuseraient toujours de le partager. Même s'ils le faisaient, ce ne serait que pour mieux les trahir ensuite, pour mieux les enchaîner de nouveau, une fois leurs armes baissées. Sans compter qu'ils n'accepteraient probablement jamais de renoncer à l'esclavage, ne considérant les hybrides à peine mieux que des animaux. Non, il n'y avait pas le choix, il n'y en avait jamais eu : c'est uniquement dans le sang que les Hybrides revendiquerons ce monde comme leur, sans quoi ils ne seraient jamais plus qu'une hérésie tolérée, un problème qu'on laisserait dans un coin, tandis que la majorité continuerait à vivre à genoux, dans les pleurs et le sang. Il n'y avait aucun compromis possibles.

Finissant d'exploser leurs plans, les deux cheffes se mirent d'accord sur un plan d'attaque, compensant leur petit effectif par une frappe éclair et chirurgicale. Tournant la tête vers le patriarche Leonis, la lionne et le griffon attendirent en silence, ce dernier semblant réfléchir un instant, avant d'hocher légèrement de la tête, leur donnant leur accord pour ce plan. Alors, soudainement, toutes se mirent en mouvement, son approbation annonçant la fin de la réunion. Seules restèrent Marida et Héméra, parlant des dernières finitions du plan, sous la tutelle de leur père.
Sa passivité aurait pu en surprendre beaucoup, mais elle n'avait en réalité rien d'étonnant : pendant presque trente ans, il avait préparé ses filles pour qu'elles puissent continuer son œuvre, continuer sa rébellion. Tout ce qu'il savait, elles le savaient, tout ce qu'il voulait, elles le voulaient. Désormais que la machine était en marche, il n'avait plus rien à faire, sinon se reposer tandis que son armée ne faisait de croître, génération après génération...

Après quelques instants, Marida prit elle aussi congés, ayant de jeunes recrues à s'occuper, laissant Héméra et leur père seul, dans un silence lourd de non-dit, tandis que la griffonne finissait de mettre sur papier leur plan d'attaque pour le lendemain...

« J'ai cru comprendre que vous envisagiez de recruter à Hybii ? Finit par dire le lion, comme pour couper ce silence aussi pesant que des chaines.

- En effet. Silence. Puis, prenant conscience que son père attendait qu'elle alimente à son tour la conversation, la griffonne se racla la gorge, avant de reprendre doucement. Orphéa pense qu'ils ne se joindront pas à notre guerre, que nos actions sont trop vindicative pour eux, mais Marida reste optimiste.

- Et toi ?

- Toute chair fraîche est bonne à prendre...

Détachée et objective, comme trop souvent depuis son retour. Par moment, Leonis avait du mal à reconnaître sa fille, celle-là même qui autrefois était pleine de rébellion et de compassion, celle qui avait fugué pour ne jamais avoir à faire la guerre.
Le monde des hommes l'avait blessée si profondément qu'elle s'en était trouvé à jamais meurtrie.

- Tu sais, Eole serait fière de toi... »

"Eole". Même dans ses pensées, ce nom lui semblait presque tabou, tant elle s’empêchait constamment de le prononcer. Il était désormais trop plein chargé de colère, de rancune et de peine... Fronçant les sourcils, Héméra ne trouva pas de réponse aux paroles de son père. Il mentait, elle en était certaine.
Eole était celle qui avait appris à toutes ses petites aiglonnes et griffonnes à déployer leurs ailes correctement. Elle était celle qui avait offert un refuge de plume et de sécurité à ses petites guerrière, étant aussi ferme que tendre. Mère et instructrice, elle avait toujours été là pour ses filles, ayant consacrée sa vie d'hybride sauvage à en faire des hybrides libres, et fière de l'être...
Jusqu'à ce que les humains la tuent, du moins.

« Elle est morte par ma faute. Il n'y a aucune fierté à en tirer.

- Elle est morte par la faute des humains, tu n'y es pour rien. » Repris sévèrement Leonis, mais il n'était pas difficile de voir qu'Héméra n'y croyait pas.
Il y avait beaucoup de choses, dans sa vie, que la griffonne regrettait, mais il n'y en avait aucune qu'elle ne regrettait plus que ses révoltes de jeunesse. Probablement était-ce pour cela qu'elle se montrait si dur avec Sophitia, sachant que trop bien où menait le chemin qu'elle empruntait...

Jeune, Héméra avait été en constant désaccord avec ses parents. Certaine que la guerre n'était pas la solution, elle ne voulait jamais battre, et encore moins attaquer des humains. Après une énième dispute avec sa mère, Héméra s'était envolé, haut, très haut dans le ciel, pour ne redescendre qu'une fois trop fatiguée pour continuer à l'explorer. Hélas, des traqueurs l'avaient vu, et l'avaient pris par surprise. Épuisée, perdue, elle n'avait pas su échapper à leurs filets, et avait fini ainsi arraché à sa vie et sa famille.
C'est ainsi qu'elle découvrir l'horreur, l'esclavage , et la peur, entrant dans le monde des hommes comme certains se noient dans une mer noire et glacée.

Cette brève escapade lui valut six ans chez les hommes, six ans d'esclavages et de d'humiliation, où un conditionnement aussi brutal qu'acharné la rendit proprement incapable de briser ses chaînes. Au début, elle cria sa liberté, mais les coups finirent par avoir raison de sa voix. Alors ses yeux furent emplis de haine et de révolte, mais bien trop vite elle n'osa même plus les lever. Tous ses espoirs furent méticuleusement écrasés, broyés un à un, jusqu'à ce qu'elle finisse par ne même plus se sentir libre dans sa propre tête. Vaincue, elle "accepta" son sort avec une fatalité craintive.
Jusqu'au jour où Eole la retrouva.

Sa mère n'avait jamais perdu espoir, elle, et en avait eu assez pour deux, ayant juste attendu le bon moment pour récupérer son enfant, malgré les protestations de sa fille qui ne voyait plus aucune solution, seulement des punitions. Hélas, les humains ne les laissèrent pas s'envoler sans réagir, et leurs flèches surent viser juste... Si Héméra, bien que blessée, put retourner auprès des siens, Eole, elle, ne revint jamais de chez les hommes.

De retour parmi les siens, et avec le poids d'une culpabilité nouvelle, Héméra avait dû réapprendre à vivre, et même si désormais elle ne voyait plus aucune issue à ce conflit hormis l'éradication de l'espère humaine, elle appris à museler sa haine pour ne pas la laisser la contrôler, refusant de devenir l'esclave de ses pulsions. Essayant de faire de son passé une force, elle utilisa alors tout ce qu'elle avait appris des humains pour renforcer les siens. Si ses blessures restaient grandes ouvertes, elle les cachait désormais derrière sa solitude, fuyant ses sœurs pour ne pas leur infliger la présence de celle qui "avait tué leur mère", comme aimait tant le rappeler Sophitia.
Tout ce qu'il lui restait, désormais, c'était son escadron, dans lequel elle se donnait corps et âme, en mémoire de celle qui n'était plus là pour le voir grandir, année après année...

« Mère sera fière le jour où l'humanité ne sera plus qu'un souvenir... » Fit Héméra en se levant, quittant le vieux patriarche sans un regard, se sentant bien trop coupable pour oser croiser son regard... Elle savait qu'elle avait besoin de soutien, elle savait qu'elle aurait dû accepter sa sollicitude, mais elle en était incapable. En vérité, il n'y avait pas uniquement la mort d'Eole qui la dévorait de l'intérieur. Il y avait un autre secret, bien caché, qu'Héméra se gardait bien de dire à quiconque depuis son retour parmi les siens...

S'envolant dans un bruissement d'ailes et de feuilles, Héméra vola jusqu'à sa demeure, niché au cœur d'une grotte sur le flan d'une montagne. A plusieurs mètres du sol, elle était tout simplement invisible depuis en bas, rendant l'endroit assez sûr selon elle.
A son retour sur le continent, Héméra n'avait pas voulu retourner parmi les siens, et puisque ses sœurs n'avaient pas su sur quel pied danser avec elle, personne n'avait rien trouvé à redire à cela. Petit à petit, au fil des mois, la griffonne avait commencé à faire de nombreux allées retour jusqu'à Hybii, troquant du gibier contre des tapis, porte, meubles et autres bibelots pour son intérieur, finissant par transformer son abri de fortune en véritable maison creusée dans la pierre.

Ses pattes se posèrent avec agilité sur le sol de sa demeure, dont elle poussa la porte avec une légère crainte. Quelque chose l'attendait, caché au fond de cette grotte. À chaque fois qu'Héméra rentrait, elle espérait qu'il disparaisse pour ne plus jamais exister, mais malgré tout, à chacun fois, il se trouvait là, paisible, tranquille, dormant calmement auprès des cristaux rouges que la griffonne lui laissait, dans un élan protecteur qu'elle ne comprenait pas, et ne voulait pas comprendre...
À l'instant même où elle passa la porte du petit salon où elle l'avait installé, ses yeux papillonnèrent pour finir par se poser sur elle, lui offrant alors un grand sourire, plein d'une innocence cruelle. Dans un gazouillement de ravissement, il tendit ses petits doigts, sans serres, ni griffe, vers sa seule source d'interaction...

Un hybride, dans le monde des hommes, ne s'appartient pas. Il n'existe que pour eux, et n'a finalement que pour but de combler leurs attentes. Héméra n'avait pas voulu, au début, du moins. Mais les années étaient passées, et sa volonté s'était désagrégée au fil des tortures, qu'elles soient mentales ou physique. Elle avait renoncé, baissant les bras, abandonnant, tout simplement, avant de servir platement. Aurait-elle été libre que son consentement aurait eu de l'importance, mais réduit à l'esclavage, son corps, pareil à celui d'une poupée qu'on utilise et jette, avait fini par être outragé. Si pendant sa captivité, elle avait reçu les soins pour qu'aucune hérésie ne naisse de ces agressions insouciantes, une fois libre, elle n'avait osé en demander, coupable, honteuse, et bafouée.

Le déni avait été profond, aucun signe, aucune grosseur ne la trahissant, jusqu'à ce que la douleur soit trop forte, et qu'elle supplie Selena de l'aider en secret. Passée la stupeur, elle avait dû accepter cette chose dans sa vie. Les premiers mois, elle était restée interdite, hagarde, ne voulant l'accepter, mais malgré sa négligence, la chose avait survécu, Selena y ayant veillé jusqu'à ce qu'enfin, Héméra accepte de le regarder, de le toucher, et de le nourrir.

« C'est bon, j'ai compris... » Fit-elle, capitulant face à ses premières larmes, que la faim faisait poindre aux coins de ses yeux. L'examinant à distance, Héméra n'eut cependant pas la force de répondre à ses attentes, ne lui rendant ni sourire, ni affection, tandis qu'elle le prenait en main, faisant à peine attention à ne pas le blesser. Elle le nourrissait, l'habillait, et le gardait en sécurité, mais cela s’arrêtait là. Pour le reste, il restait un secret, une honte dont elle ne savait pas quoi faire. Elle savait qu'elle aurait dû lui tendre la main, elle savait qu'elle aurait du lui sourire, mais tout lui interdisait de lui faire. Peut-être aurait-il été plus clément de sa part de l'étouffer à la naissance, mais elle ne pouvait se résoudre à tuer un être sans défense. Probablement, aurait-elle pu l'aimer, si son seul crime n'avait pas été de naître différent d'elle. Il était son ennemi. Il était l'horreur. Il était un monstre.

Son petit humain d'enfant...
PSEUDO: Chante
ÂGE: 27 ans
QUELQUE CHOSE À NOUS DIRE? :3 ♥️
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Héméra Leonis
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Mer 20 Juin - 11:11
Bienvenue Héméra! Ton personnage est absolument magnifique! loove

Si tu as des questions ou s'il y a quoi que se soit, n'hésites pas à me faire signe!
Et préviens-moi lorsque ta fiche sera complétée.



 
J'arriverai à faire changer les choses!
 

▲ Je parle en #B4045F
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Hedda A. Citlali
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Jeu 28 Juin - 22:54
Petit rappel, il te reste une semaine pour compléter ta fiche, Héméra Smile



 
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Hedda A. Citlali
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Ven 29 Juin - 14:51
Fiche terminée, encore désolée pour l'attente et merci pour ta patience <3



Curse is mine
Shadows in the darkness near me. I feel the whispers around me everywhere I go. Am I the only one to see ? No more fears on my burning tears. Gonna let my feelings bloom. All those years searching for my own being. Craving to assume. I'm driving into the wild, and time will come, I know...



Spoiler:
 
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Héméra Leonis
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Ven 29 Juin - 14:56
J'ai adoré lire ta fiche, Héméra! Et c'est vraiment avec plaisir que je te valide! Bon rp! *_*

Bienvenue!


Tu es validé! Tu peux dès à présent commencer à faire du rp partout sur le forum. En cas de question ou de problème, tu peux contacter n'importe quel membre du staff.

Tu peux recenser ton avatar ici
En cas de doucle-compte, n'oublie pas de le recenser ici
Tu peux faire une demande d'habitation pour Stell, Kiana ou Hybii.
Le formulaire de demande de Maître(sse)/Esclave/Rp c'est ici

N'oublie pas de remplir ton profi et de remplir le champ de Double-Compte si besoin.

Et si tu en as envie, tu peux aller lire ceci c'est de la documentation facultative sur l'univers de Reose. Ça a été mis en place pour facilité le rp, mais rien ne t'oblige à tout lire non plus.

Awful pour Epicode
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