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Deirdre Voconius -Finit-

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Ven 5 Oct - 22:12

Deirdre Voconius

Please, let me being a girl...

âge : 21 ans
sexe : Féminin
orientation sexuelle : Hétérosexuelle
métier : Écuyère
Niveau de vie : Aisé
Signes distinctifs
Deirdre est assez maigre et porte les traces de coups, anciens et récents, administrés par son père qui n'accepte pas que son enfant se considère comme une femme. Elle s'arrange habituellement pour cacher ces marques. En outre, on peut voir sur ses poignets les scarifications assez impressionnantes, vestiges d'anciennes tentatives de suicide ou d'acte d'automutilation.

Santé générale
Niveau physique, Deirdre a tendance à être assez maigre et fatiguée, du fait qu'elle a du mal à dormir et qu'elle ne mange pas beaucoup. Psychologiquement, la demoiselle passe régulièrement par de grosses phases de dépression du fait qu'on ne l'accepte pas comme elle est dans son milieu, ce qui la perturbe et la blesse beaucoup.


Physique
Deirdre est une femme tout à fait particulière. La nature ne l'a pas spécialement gâtée, du moins pas comme elle l'aurait souhaité. Qu'on se le dire, la demoiselle ne manque pas de charme. Ses traits sont très fins, délicats, et elle semble si légère qu'on aurait l'impression de pouvoir la briser rien qu'en la touchant. Sa grande taille n'aide pas à atténuer l'impression de longilinité qui se dégage d'elle.
En effet, la nature ne l'a pas particulièrement aidée en ce qui concerne les formes, et pour cause... Deirdre est née homme, pour son plus grand malheur. D'où sa taille, d'où son absence de hanches... Bien qu'elle ait de la chance dans son malheur, puisque pour une mystérieuse raison (Un dérèglement hormonale, bien qu'elle ne sache même pas ce qu'est une hormone) elle s'est vue dotée d'une légère poitrine, la seule partie de son corps qui lui plaise avec son visage, indéniablement féminin.
Ce dernier est fin, élégant, et plein d'une certaine pureté. Ses yeux sont de la couleur de l'eau, limpides, véritable miroir de ses émotions. Son nez fin et droit souligne la finesse de son visage, et ses lèvres sont légèrement charnues, ne se laissant que rarement aller à sourire. De fait, ses traits ne porte pas tellement de rides expressives, puisqu'il ne lui arrive que très rarement de se sentir bien, et donc de sourire ou de rire. Ce qui rend ces quelques manifestations d'autant plus précieuses.
En outre, la demoiselle apprécie beaucoup ses cheveux, dont elle s'occupe avec beaucoup de soin. Elle refuse de les couper, si ce n'est pour se débarrasser des fourches à ses pointes pour leur permettre de pousser plus longs encore, ce qui a le don de faire s'arracher les cheveux à son père. De fait, ils atteigne une longueur appréciable puisqu'ils arrivent jusqu'aux genoux de la jeune femme. Elle les aimes d'autant plus qu'ils sont de la couleur du soleil, apportant un peu de lumière dans sa morne existence.
Son corps, en revanche, n'est pas exempt de marques. Tout d'abord, on peut parler des plus évidentes, les cicatrices que l'on peut voir à ses poignets. De fines bandes de peau d'une teinte plus claire que le reste de son corps, déjà assez pâle, témoignent du profond malêtre de la demoiselle. Ces marques, Deirdre ne cherche pas vraiment à les dissimuler. Les autres, par contre...
Son dos et ses cuisses, en particulier, portent les marques de maltraitances subies par la demoiselle. D'anciennes cicatrices, marques laissées par des coups de ceintures ou de battoir, pour lesquelles elle n'éprouve que haine et dégout. Ces marques, elle en a profondément honte. Elles constituent l'une des raisons principales pour lesquelles Deirdre n'aime pas montrer son corps.
De fait, elle a tendance à porter des vêtements qui la couvrent bien, d'une coupe plutôt féminine - du moins lorsqu'elle le peut, son père étant intransigeant sur le sujet. Lorsqu'elle n'a pas le choix, elle opte pour des vêtements que pourraient aussi bien porter les deux genres. Elle se sent particulièrement mal à l'aise dans les costumes taillés pour les hommes, qui lui donnent l'impression de porter un déguisement et de ne pas être à sa place. Sinon, elle apprécie de porter du jaune et du noir, les couleurs qui lui vont bien.
En revanche, elle n'apprécie pas vraiment le maquillage, préférant rester au naturel. Non seulement ça prend du temps de se maquiller, mais en plus cela ne lui semble pas particulièrement joli. Et puis, elle préfère paraitre féminine en elle-même, et non grâce à un artifice à base de crème et de poudre. Ce qu'elle arrive très bien à faire d'ailleurs.

Caractère
L'esprit est une chose complexe qu'il est difficile de décrire. Nous pouvons toutefois tenter de brosser un portrait de la psychologie de Deirdre, qui est des plus particulières il faut bien l'avouer.
Bien que née dans un corps d'homme, la demoiselle se sent femme, et ce d'aussi loin qu'elle se souvienne. Cela a profondément marqué sa manière de penser et de considérer le monde. Si, dans sa prime enfance, elle était d'un naturel curieux et joyeux, elle a très vite laissé cette facette de sa personnalité derrière elle pour devenir quelqu'un de renfermé, de timide, intimidée même, n'osant plus aller vers les autres. Et pour cause... Comment avoir confiance en qui que ce soit, lorsque son propre père est à craindre ?
De fait, Deirdre craint le rejet plus que tout, et est adepte de la philosophie "mieux vaut prévenir que guérir". Aussi a-t-elle cessé d'aller intentionnellement vers les autres, excepté en cas de nécessité.
La demoiselle a donc développé une certaine tendance à la mélancolie, se perdant souvent dans ses pensées. Tête en l'air dirait-on, mais les mondes que l'on imagine dans sa tête sont tellement plus beaux que la réalité... Alors, elle invente des histoires, et elle les couches sur le papier. Elle dessine aussi, beaucoup. Elle couds, confectionnant d'ailleurs ses propres vêtements lorsqu'elle en a le temps. Elle jouit d'un certain talent artistique, développé lors de ses grands moments de solitude, salvateurs lorsqu'il s'agit d'extérioriser ses frustrations et ses peines.
En effet, Deirdre n'est pas quelqu'un de particulièrement bout en train ou joyeux. Ses pensées sont souvent sombres, et elle passe régulièrement par de lourdes phases de dépression, qui l'ont même conduite à la tentative de suicide à une occasion. De part les difficultés qu'elle éprouve à se confier à autrui, elle cherche d'autres moyens d'extérioriser sa souffrance, et lorsque l'art ne suffit plus, elle en vient à se scarifier, bien que cela n'arrive plus aussi souvent qu'autrefois.
Deirdre a d'ailleurs un rapport assez particulier à la souffrance physique. Elle ne la craint pas, elle lui parait même normal. Elle lui fait même parfois du bien, lorsqu'elle l'aide à se décharger de ses émotions négatives. Non, ce qu'elle craint, c'est l'humiliation. Causée par sa faiblesse, par le fait qu'elle ne peut pas résister à son père lorsque ce dernier se met à la battre, cette honte qu'elle a de ce qu'elle est sans pouvoir rien y changer.
On peut même dire que deux personnes se battent dans son esprit. Celle qui voudrait que son père soit fier d'elle, qui voudrait être une personne "normale", et celle qui veut pouvoir être ce qu'elle est vraiment, vivre sa féminité au grand jour. Ce conflit intérieur ne cesse de la tourmenter, et le manque de soutien de son entourage n'aide pas les choses à s'arranger, si bien qu'elle a l'impression de vivre un véritable enfer, une impasse à laquelle elle ne voit pas échappatoire. Alors elle endure, elle s'endurcit et se renferme toujours plus... Tout en conservant une certaine douceur, une certaine pureté.
De fait, Deirdre abhorre la violence et les conflits, se sentant mue par une volonté profondément pacifique. Elle privilégie le dialogue à la brutalité, cherchant toujours comment régler les problèmes sans avoir besoin d'en venir aux mains. Empathique, elle se met facilement à la place des autres, d'autant qu'elle souffre elle-même beaucoup et ne veut pas voir d'autres vivre ce qu'elle vit, peu importe la raison. Elle a beau être renfermée, elle ne peut s'empêcher de venir en aide à son prochain, tout en essayant de ne pas nouer de liens fort, ce qui représente un sérieux défi. D'autant qu'il arrive souvent que l'on refuse son aide à cause de ce qu'elle est...
La demoiselle est aussi du genre à vivre par procuration, dans le sens où elle prend du plaisir à voir les autres heureux et épanouis. Elle n'est pas jalouse de leur bonheur, au contraire. Chaque éclat de rire, chaque sourire, est comme un rayon de soleil qui vient la caresser doucement, de loin, l'apaisant un peu.
Malgré sa volonté d'aider, Deirdre est du genre passive, à subir sans vraiment se rebeller ouvertement. Elle a trop peur que cela ne fasse qu'empirer la situation, ou alors elle craint les conséquences d'une telle rébellion... Oui, elle a peur. Elle est terrorisée par l'inconnu. Mais peut-être qu'un jour, elle trouvera le courage suffisant pour reprendre sa vie en main ?

Histoire
Il y a vingt et un ans, Deirdre est née. Elle ne s'appelait pas Deirdre à l'époque. Son père l'a prénommée Amos. Amos Silvio Voconius. Un patronyme digne de la famille. Son père avait de grands projets pour ce jeune être tout juste né.
Il se prénommait lui-même Clément Voconius. Nous vous feront grâce de ses deuxièmes et troisièmes prénoms. Chevalier, noble, il avait une certaine place dans la société. Il entendait que son fils fasse de grandes études, qu'il épouse une noble damoiselle et devienne un chevalier jouissant d'une plus grande renommée que la sienne propre. Il était quelqu'un de sévère et d’intransigeant. Quelqu'un à prendre au sérieux.
Sa femme avait pour nom Livia Voconius. Une dame d'un grand rang sociale, douce et gentille, à la santé fragile. Elle passait le plus claire de son temps au sein de la demeure familiale, se consacrant à la poésie et au chant. Elle était d'ailleurs très connue pour la beauté cristalline de sa voix, et ses représentations faisaient salle comble à chaque fois.
Amos était donc promis à un grand avenir. Il grandissait auprès de sa famille, laquelle lui inculquait ses valeurs. Cela dit, très tôt, Amis eut le sentiment que quelque chose n'allait pas. Pas du tout.

Tout jeune, il aimait passer du temps avec sa mère. Lorsque son père ne l'emmenait pas rencontrer d'autres familles, il la regardait travailler, repriser les vêtements en discutant avec leurs esclaves, ou exercer sa voix. Il adorait l'écouter chanter, il pouvait passer des heures simplement assis à profiter de sa voix si douce. Lorsqu'elle tombait malade, ce qui arrivait souvent, il insistait pour rester à son chevet et aider les médecins à la soigner, même si c'était simplement en lui déposant une compresse humide sur le front.
Avec son père, les choses étaient bien différentes. Lorsqu'il sortait, rencontrait des "amis" à lui, il laissait Amos jouer avec les enfants sur place. L'enfant aimait tout particulièrement jouer avec les autres filles. Il leur parlait de sa mère, et faisait preuve d'une certaine douceur qui les amenaient à beaucoup l'apprécier. Clément en était heureux quelque part, il pensait que son fils n'aurait aucun mal, plus tard, à se faire apprécier de sa future conjointe, quelle qu'elle soit.
Amos, pour sa part, ne pensait pas du tout à ce genre de choses. Il aimait simplement se faire des amies, et les garçons étaient trop brutaux pour lui. Il n'aimait pas leur perpétuelle compétition. Savoir qui était le plus fort, le plus rapide, le plus intelligent, ne l'intéressait pas.

Les choses se compliquèrent assez tôt dans la vie d'Amos. A cinq ans, il détestait ses prénoms. Les garçons de son âge ne l'appréciaient pas beaucoup, le traitant de pleurnichard et de peureux, de "fille". Il en parlait à sa mère, mais pas à son père de peur de se faire gronder. La seule fois où il s'était confié à Clément, ce dernier lui avait dit qu'il devait s'imposer, cesser de se cacher et leur montrer qu'il était "un homme, un vrai". Cela l'avait profondément dérangé.
Plus le temps passait, et plus ses relations avec son père et avec les autres enfants se dégradaient. Il s'entendait très bien avec les filles de son âge, même si elles le trouvaient étrange. En revanche, il ne s'entendait pas du tout avec les garçons, dont les insultes se faisaient de plus en plus blessantes. Avec son père, les choses étaient encore pire.
Amos refusait de se couper les cheveux. Il rechignait à porter les vêtements que son père lui achetaient, préférant mettre ceux que sa mère confectionnaient, plus neutres. Il s'intéressait aux arts, à la musique, délaissant tout ce qui avait trait à la chasse ou à la guerre. Lorsque son père le serinait sur son avenir, il lui répondait qu'il ne voulait pas se marier ni devenir chevalier. Clément trouvait son fils trop sensible, trop "dans les jupes de sa mère".

L'enfant se sentait très mal. Il ne comprenait pas pourquoi il aurait dû jouer plutôt avec les autres garçons qu'avec les filles. Son père lui disait qu'il devait se faire des amis, qui seraient des alliés plus tard, mais les quelques fois où il avait tenté de se rapprocher d'autres garçons, il avait détesté leurs jeux. On s'était moqué de lui.
A vrai dire, déjà à l'époque, il s'était dit que ça aurait été plus facile s'il avait été une fille. Il aurait pu coudre des vêtements avec sa mère sans subir les regards noirs de son père. Il aurait pu chanter avec elle sans que Clément ne soupire d'exaspération.
"Ce gosse va me rendre dingue". Cette phrase, Amos l'a souvent entendue dans son enfance. Et les choses ne firent qu'empirer lorsqu'il entra enfin à l'école.

Amos n'était pas très sportif. Encore moins lorsqu'il s'agissait de jeux d'équipes, où il se retrouvait systématiquement à ne pas jouer par défaut, parce-que personne ne l'incluait dans l'équipe. Ce qui le dérangeait le plus, c'était les démonstrations de virilité. Même à sept ans, les enfants se donnent des claques dans le dos, des tapes dans les mains, ils bombaient le torse, tout un tas de choses qu'Amos trouvaient gênantes. Cela ne contribuait pas à l'inclure dans le groupe.
Les choses étaient plus faciles lors des études, où les interactions avec les autres étaient plus réduites. Amos adorait les mathématiques et la lecture, sa préférence allant à l'étude des lettres. Le fait qu'elles puissent former des mots, des idées, le fascinait. Lorsqu'il fut enfin capable de véritablement écrire tout seul, il s'inventa des histoires qu'il coucha sur le papier. Habile de ses doigts, il les agrémentaient de dessins, pour l'instant sommaires, mais néanmoins très expressifs.

Ses histoires parlaient d'une jeune fille. Avec une mère aimante, un père compréhensif, elle s'épanouissait à chaque instant de sa vie, se faisait des amis, sauvait des gens. Les aventures étaient sans conséquences, Amos était encore innocent, et le plus souvent il s'agissait simplement d'aider à comprendre quelque chose ou à prêter un objet, mais le fait était là. Pour l'enfant, c'était déjà un moyen d'extérioriser ce qu'il ressentait.
Il s'identifiait fortement à l’héroïne de ses histoires. Lorsqu'il la dessinait, il s'agissait toujours d'une petite fille blonde aux yeux bleus. Il l'avait appelée Deirdre, un nom qu'il avait trouvé dans un très vieux livre de contes et de légendes et qui signifiait "jeune fille".

Lors qu'Amos montrait ses œuvres à sa mère, cette dernière le félicitait pour son talent. Mais il ne les montrait jamais à son père, de peur qu'il ne lui dise qu'il avait mieux à faire qu'écrire des contes de fées et dessiner des personnages imaginaires. Il n'était pas contre ce genre d'activités, mais il avait reçu des échos du comportement de son fils en classe, des difficultés qu'il avait à s'intégrer, et Amos craignait qu'on ne lui interdise son passe-temps favoris en lui disant qu'il avait mieux à faire de son temps.

Et il avait raison. Car vint un jour où Clément trouva l'un des manuscrits de son fils. Ce fut le début des véritables ennuis pour Amos. Il avait onze ans.
Convoqué par son père, il dut lui expliquer l'intérêt de ces histoires, subit toute une batterie de questions, et sous la pression, il craqua enfin. Il cria tout ce qu'il avait sur le cœur. Qu'il ne se sentait pas heureux, qu'il ne voulait pas devenir chevalier, qu'il n'aimait pas les garçons qui le gênaient, qu'il voulait être une fille. Ce jour-là, il reçu ses premiers coups de ceintures, avec l'ordre expresse de ne plus jamais proférer de telles sottises. Il deviendrait l'héritier des Voconius, il deviendrait chevalier, un point c'est tout.
Le lendemain, il refusa de sortir de sa chambre pour aller en classe. Il n'en ressortit que le soir venu, vêtu d'un tissu qu'il avait grossièrement attaché pour en faire une robe. La punition fut encore plus sévère que la veille.

Les choses allèrent de mal en pis pour Amos. Alors qu'il commençait sa puberté, il fut saisit de l'espoir irréaliste de devenir une véritable femme. Mais cette chose gênante qu'il avait entre les jambes ne disparaissait pas, et sa voix, même si elle restait douce, s’aggravait néanmoins légèrement, ce qui avait le don de l'exaspérer. Son père était ravi de ces changements, même minimes.
Amos ne épaississait cela dit pas beaucoup. Il restait fluet bien qu'il gagnait en taille, et le fait qu'il refuse catégoriquement de se couper les cheveux avait le don d'exaspérer Clément, qui trouvait que son fils ressemblait trop à une fille. Il essaya bien de les lui couper lui-même une fois, mais l'adolescent se débattit si fort qu'il fut parfaitement impossible de saisir le moindre ciseau.
Cela ne s'arrangea pas lorsque sa poitrine se développa. Bien que petite, elle était bel et bien là, ce qu'il prenait comme une victoire personnelle sur son propre corps. Il le prenait comme une confirmation qu'il aurait dû être une femme.

Alors il commença à réellement se comporter comme telle. Rejetant le nom donné par son père, elle se présentait à présent sous le nom de l'héroïne de son enfance, Deirdre. Elle refusa autant que possible de porter des vêtements d'homme, qui lui donnaient l'impression de se travestir. Au point que même sa mère, pourtant compréhensive, ne s'inquiète. Ce fut elle qui confectionna à Deirdre ses vêtements à la coupe neutre, que Clément tolérait mieux que les vêtements féminins que voulait mettre l'adolescente.
Malgré cette discrète complicité de sa mère, Clément rejetait toutes les traces de féminité chez son fils, qu'il punissait sévèrement. C'en devint une véritable obsession. Deirdre était battue régulièrement, jusqu'à en pleurer, tandis que son père lui répétait qu'il était un homme et qu'il devait agir en tant que telle.

Deirdre se sentait profondément mal. Elle ne voulait pas être un homme. Elle avait l'impression de ne pas être normale. Son père lui faisait du mal, refusait de comprendre qui elle était, refusait de la laisser mener sa vie comme elle l'entendait. Si au début, elle résista comme elle le pouvait, cela prit fin lorsque sa mère mourut, victime de sa santé fragile.

Deirdre avait quinze ans et sortait tout juste de l'école lorsqu'elle fut définitivement privée de la présence de sa mère. La seule personne qui l'avait soutenue, qui lui avait appris à coudre, dont la voix l'avait toujours apaisée. D'un coup, elle se retrouvait seule, terriblement seule.
Elle sombra dans une profonde dépression, qui dura plusieurs années.

Il fallait la trainer de force à table pour qu'elle ne mange. Elle se tournait et se retournait dans son sommeil, n'arrivait plus à dormir, et lorsqu'elle y arrivait enfin, cela ne durait que quelques heures, dont elle sortait en sueur et haletante, les joues pleines de larmes. Elle avait l'impression d'un poids sur sa poitrine en permanence. Les seuls moments où elle sortait de sa morosité, elle peignait des tableaux chaotiques avec une rage désespérée.
Son père voulut profiter de la situation, de son découragement, pour la plier à ses désirs. Il tenta à nouveau de lui couper les cheveux, tirant momentanément Deirdre de sa dépression. Elle devint une véritable furie lorsqu'il s'approcha avec ses ciseaux pour la priver des longues mèches dorées qui avaient fait sa fierté et qu'elle avaient héritées de sa mère. Finalement, Clément dut renoncer définitivement à ce projet en particulier. Le reste du temps, il l'obligeait à apprendre le maniement de l'épée, l'étiquette, l'histoire, tout un tas de choses, des cours que Deirdre ne suivait pas, n'écoutait pas, au grand désespoir de ses précepteurs.

Elle passait des nuits entières à peindre. Elle ne sortait plus que pour se procurer les pigments dont elle avait besoin, puis elle retournait s'enfermer dans sa suite pour les étaler sur les toiles tendues. Elle ne dormait plus que quelques heures par nuit, ne mangeait que parce-qu'on la trainait de force devant son assiette. Mais cela ne lui suffisait pas. Elle avait toujours aussi mal, le cœur aussi lourd. Son père avait cessé de la battre, mais cela ne changeait rien. Elle avait perdu le goût à la vie.
C'est à cette période qu'elle commença à se scarifier. Les poignets, les bras, elle les entaillait, laissait la douleur cuisante qu'elle ressentait se faire l'écho de ce qu'elle ressentait en dedans. Cela la soulageait. Un peu. Trop peu.
Ce ne fut pas son père qui le découvrit, mais l'un de ses précepteurs. Lors qu'il alerta Clément, ce dernier décida d'enfermer Deirdre dans sa chambre et de lui retirer l'accès à tout objet tranchant. Il espérait toujours qu'elle se remettrait, qu'elle dépasserait la mort de sa mère et reviendrait dans le droit chemin.

Quelques jours plus tard, il la retrouva gisant dans son lit. Sa fenêtre était brisée, et elle s'était servi d'un éclat de verre pour s'entailler profondément les poignets. Elle respirait à peine, son teint était livide, son pouls faible... En catastrophe, il fit appelle à un guérisseur. Terriblement inquiet pour Deirdre, il ne pouvait cependant pas s'empêcher de se dire "mon fils s'est laissé aller parce-que je n'étais pas assez sévère avec lui".

Avoir frôlé la mort fut une expérience traumatisante autant que salvatrice pour Deirdre. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, quelques jours plus tard, encore faible, elle commença à voir le monde différemment. Elle avait l'impression de le redécouvrir totalement. Elle réalisait qu'elle n'avait pas envie de rejoindre sa mère, même avec les difficultés qui l'attendaient. Elle réalisait que son père s'était inquiété pour elle, au point d'avoir fait venir quelqu'un pour la soigner. Elle réalisait qu'il l'aimait à sa manière, même s'il ne l'acceptait pas. Ce qui la plaçait dans une situation d'autant plus délicate.

Lorsqu'elle fut remise de sa tentative de suicide, elle accepta enfin de ressortir de la maison. Elle reprit lentement le cours de sa vie. Toujours meurtrie par ce décalage qu'elle ressentait entre son esprit et son corps, toujours profondément dérangée par ce que son père essayait de faire d'elle, elle commença à subir en silence, guettant autour d'elle la moindre trace de joie auprès de laquelle elle pourrait se ressourcer. Malgré son père qui voulait la forcer à agir comme un homme, qui la battait à nouveau, plus sévèrement encore qu'auparavant, lorsqu'elle ne le faisait pas, elle voulait croire que les contes qu'elle écrivait dans son enfance, pour lesquels sa mère l'avait félicitée, avaient un fond de vérité. Malgré le rejet dont elle était l'objet, elle sortait, observait les gens à défaut de les aborder, et le moindre sourire, la moindre marque d'affection, lui faisait monter les larmes aux yeux, suscitant en elle un mélange de joie et de tristesse qui lui donnait espoir en la vie.

Aujourd'hui, à vingt et un ans, Deirdre en est toujours là. Entre deux mondes, incapable de se conformer à la vision que son père veut qu'elle se fasse d'elle, incapable d'être un garçon, dans l'impossibilité d'être une véritable femme aux yeux du monde. En désespoir de cause, Clément décide de confier son enfant à un vieil ami de la famille, chevalier comme lui, dans l'espoir qu'il réussisse là où il a échoué, qu'il parvienne à faire que son fils se comporte en homme.

PSEUDO: Moe, Yureliom.
ÂGE: 25 ans, bientôt 26
COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ? Je cherchais un fofo avec des hybrides sur gogol '-'
QUELQUE CHOSE À NOUS DIRE ? Vous avez l'air cool. J'aime ça.
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Deirdre Voconius
HUMAINE ♀
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Fiche : www.
Esclave : /
Points d'influence : 47
Sam 6 Oct - 18:02
Ta fiche est vraiment superbe! Sincèrement, j'ai adoré la lecture!
Le seul petit bémol, c'est le fait que le père confie Deirdre à un chevalier dans l'espoir de la masculinisée. Or, dans Reose, le métier de chevalier n'est pas purement masculin. En fait, aucun métier n'est réellement typé pour un sexe précis. Deirdre risque donc de croiser maintes chevalières inspirantes et douées. Il serait alors plus logique de dire que ce chevalier la prenant sous son aile tentera plutôt de s'assurer qu'elle ne dérogera pas d'une vie masculine (outre le métier, il se chargerait plutôt de veiller à ce qu'elle se conduise en homme plutôt qu'en femme.)  

De plus, simple petite annexe pour précision, mais qui n'influe pas sur ton histoire : les héritiers mâles ne sont pas nécessairement mieux vu non plus. Le père peut certes avoir une préférence de sexe pour son enfant, mais à priori, garçon ou fille ont la même "valeur" aux yeux de la société. Vu le système de mariage, ils peuvent choisir quel nom est gardé, et ça peut très bien être l'homme qui rejoint la famille de sa femme (cf le roi qui prend le nom "Citlali") et du coup une femme cheffe de famille est aussi légitime qu'un homme...

Donc voilà Smile
À part peut-être le petit bout sur le métier servant à la masculinisée, je ne vois pas d'autre incohérence dans la fiche Smile Je te laisse ajuster ce petit détail, et je te valide lorsque c'est fait!



 
“Qui ne s’est jamais laissé enchaîner


Ne saura jamais ce qu’est la liberté.”
 

▲ Je parle en #B4045F
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Hedda A. Citlali
REINE DE REOSE // FONDA
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Fiche : Ici
Esclave : Primerose
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Sam 6 Oct - 18:24

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